“Une œuvre magnifique et incendiaire... M. Kassovitz a réalisé un film d'une immédiateté et d'une puissance formidables, qui capture la fureur d'une génération désenchantée avec une clarté choquante.”
Janet Maslin
The New York Times

France"Vingt-quatre heures. Trois amis. Une seule chance de briser le cycle."
Le film de Mathieu Kassovitz, La Haine (1995), vous plonge directement dans le labyrinthe de béton des banlieues parisiennes, un monde que le cinéma français mainstream avait largement ignoré. L'histoire commence après une nuit de violences policières brutales qui laissent un jeune homme nommé Abdel dans le coma. Au cours des 24 heures suivantes, nous suivons trois amis : Vinz, un jeune juif impulsif qui idolâtre Travis Bickle ; Hubert, un boxeur noir réfléchi et artiste en herbe ; et Saïd, un Arabe débrouillard qui maintient la paix. Ils errent dans un paysage de cités, de graffitis et de rage latente, portant un revolver de police volé qui devient une bombe à retardement.
Tourné en noir et blanc austère avec un budget de 2,6 millions de dollars, le film ressemble à un documentaire venu d'une autre dimension. Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui étaient alors relativement inconnus, mais leurs performances crépitent d'authenticité. Kassovitz, qui a grandi dans ces banlieues, s'est directement inspiré de la mort en 1993 de Makomé M'Bowolé, un adolescent tué par la police. Le résultat est un film qui a rapporté plus de 15 millions de dollars dans le monde, a remporté le prix de la mise en scène à Cannes et a lancé mille débats sur la race, la classe et la brutalité policière en France. C'est un film qui ne se contente pas de montrer la colère, il vous la fait ressentir jusqu'aux os.
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Le film s'ouvre sur des images d'actualité d'émeutes réelles dans les banlieues parisiennes, suivies d'une citation de Jean Genet : « C'est l'histoire d'un homme qui tombe d'un gratte-ciel. En tombant, il n'arrête pas de se répéter : "Jusqu'ici tout va bien... Jusqu'ici tout va bien." Ce qui compte, ce n'est pas la chute, c'est l'atterrissage. » Cela donne le ton d'une histoire qui repose moins sur la mécanique de l'intrigue que sur l'inévitabilité de la tragédie dans un système conçu pour échouer ses citoyens.
L'histoire commence au lendemain d'une émeute massive à Chanteloup-les-Vignes, déclenchée par le passage à tabac brutal d'un jeune Arabe nommé Abdel Ichaha par la police. Pendant le chaos, un policier perd son arme de service. Le film suit trois amis pendant les 24 heures suivantes : Vinz (Vincent Cassel), un jeune juif impulsif qui idolâtre Travis Bickle, le personnage de Robert De Niro ; Hubert (Hubert Koundé), un boxeur noir réfléchi et artiste en herbe qui rêve de s'échapper des cités ; et Saïd (Saïd Taghmaoui), un Arabe débrouillard qui sert de médiateur et de comique de la bande.
Le conflit central émerge lorsque Vinz révèle qu'il a trouvé l'arme de police manquante. Il jure de tuer un flic si Abdel meurt de ses blessures. Cette arme chargée devient l'horloge du film, représentant la fine ligne entre la colère et la destruction. Hubert tente de freiner les pulsions violentes de Vinz, tandis que Saïd essaie de maintenir la paix entre ses deux amis.
Les trois amis errent dans le désert de béton de leur quartier, rencontrant une galerie de personnages : un skinhead menaçant qui philosophe sur la haine, un groupe de riches habitués de galeries d'art qui les traitent comme des spécimens exotiques, et une série de policiers allant du raciste occasionnel à l'ouvertement hostile. Ils tentent de rendre visite à Abdel à l'hôpital mais sont refoulés. Ils essaient de trouver de l'argent, se retrouvent impliqués dans une transaction de drogue qui tourne mal, et se retrouvent de plus en plus piégés dans un cycle d'humiliation et de rage.
Un sous-intrigue clé implique la tentative du groupe de récupérer une veste volée auprès d'un gangster local, ce qui les mène en territoire dangereux. Tout au long de la journée, Vinz répète son numéro de « tueur de flic » devant le miroir, un hommage direct à Taxi Driver, tandis qu'Hubert essaie de le convaincre que la violence ne fera que perpétuer leur souffrance. La cinématographie en noir et blanc souligne la rigueur morale de leur monde, tandis que la bande-son hip-hop ancre l'histoire dans la culture jeune française des années 1990.
Le récit se dirige vers une confrontation finale au commissariat, où les trois amis doivent décider s'ils doivent escalader le conflit ou trouver une autre voie. Le film évite délibérément les solutions faciles, maintenant un réalisme documentaire qui refuse de sentimentaliser les luttes de ses personnages.
Restoration Trailer
Consensus critique
La Haine est un chef-d'œuvre brut et viscéral qui capture la colère et le désespoir des jeunes marginalisés des banlieues parisiennes. La réalisation en noir et blanc de Mathieu Kassovitz et la performance explosive de Vincent Cassel créent un film qui reste urgemment pertinent des décennies après sa sortie, une puissante dénonciation de la brutalité policière et des inégalités sociales.
“Une œuvre magnifique et incendiaire... M. Kassovitz a réalisé un film d'une immédiateté et d'une puissance formidables, qui capture la fureur d'une génération désenchantée avec une clarté choquante.”
Janet Maslin
The New York Times
“Kassovitz tourne le film en noir et blanc, lui donnant l'air d'un actualité de l'enfer. Les interprétations sont électrisantes, surtout celle de Cassel en Vinz, un personnage prêt à exploser à tout moment.”
Peter Travers
Rolling Stone
“Ce n'est pas un film sur les stéréotypes, mais sur des individus. Les trois jeunes hommes ne sont pas des symboles, mais des personnes. Et leur tragédie est qu'ils vivent dans un monde où les symboles sont plus importants que les personnes.”
Roger Ebert
Chicago Sun-Times
“Un film d'une force et d'une conviction extraordinaires... L'utilisation du noir et blanc par Kassovitz dépouille la banlieue de son glamour, ne laissant que le béton brut et les émotions brutes.”
Jonathan Romney
The Guardian
“Un long métrage chargé d'émotion et techniquement accompli qui annonce l'arrivée d'un nouveau talent majeur. Kassovitz fait preuve d'une main sûre avec les acteurs et d'un œil avisé pour le détail visuel révélateur.”
Todd McCarthy
Variety
Director
Mathieu Kassovitz
Writer
Mathieu Kassovitz
Cinematographer
Pierre Aïm
Producer
Christophe Rossignon
Cannes Film Festival (1995)
Meilleur réalisateur: Won
Cannes Film Festival (1995)
Palme d'Or: Nominated
César Awards (1996)
Meilleur film: Won
César Awards (1996)
Meilleur réalisateur: Nominated
César Awards (1996)
Meilleur acteur (Vincent Cassel): Nominated
César Awards (1996)
Meilleur montage: Won
César Awards (1996)
Best Producer: Won
César Awards (1996)
Acteur le plus prometteur (Vincent Cassel): Won
César Awards (1996)
Acteur le plus prometteur (Hubert Koundé): Nominated
César Awards (1996)
Acteur le plus prometteur (Saïd Taghmaoui): Nominated
European Film Awards (1996)
Meilleur film: Nominated
European Film Awards (1996)
Meilleur jeune film: Won
Lumière Awards (1996)
Meilleur film: Won
Lumière Awards (1996)
Meilleur réalisateur: Won
BAFTA Awards (1997)
Meilleur film ne relevant pas de la langue anglaise: Nominated
Independent Spirit Awards (1997)
Meilleur film étranger: Nominated
French Syndicate of Cinema Critics (1996)
Meilleur film: Won
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