“Le film le plus politique de Godard, une méditation brillante, exaspérante et finalement tragi-comique sur l'impossibilité de la pureté révolutionnaire dans un monde bourgeois.”
Renata Adler
The New York Times

La Chinoise de Jean-Luc Godard capture un moment où la théorie révolutionnaire a rencontré l'exubérance juvénile dans un appartement parisien. Sorti en août 1967, le film suit un groupe d'étudiants français qui ont transformé leur espace de vie partagé en une commune maoïste. Ils lisent le Petit Livre rouge, peignent des slogans sur les murs et débattent des subtilités de la doctrine marxiste-léniniste. Godard, alors à son apogée d'engagement politique, a utilisé le film pour explorer le fossé entre la posture intellectuelle et l'action réelle.
L'histoire est centrée sur Véronique, jouée par Anne Wiazemsky, épouse de Godard, une étudiante en philosophie fraîchement inspirée par un voyage en Chine. Elle partage l'appartement avec Guillaume (Jean-Pierre Léaud), un étudiant en théâtre tiraillé entre l'art et l'idéologie ; Henri (Michel Semeniako), un étudiant en sciences pragmatique ; Yvonne (Juliet Berto), une ancienne femme de chambre représentant la classe ouvrière ; et Kirilov (Lex De Bruijn), un nihiliste nommé d'après un personnage des Démons de Dostoïevski. Le film se déroule en épisodes fragmentés, mêlant monologues, conférences et adresses directes à la caméra.
Godard a tourné le film dans son propre appartement au 43 Rue de la Harpe dans le Quartier latin, lui donnant une intimité et un aspect documentaire. Le directeur de la photographie Raoul Coutard a utilisé une palette criarde de rouge, blanc et bleu pour évoquer à la fois le drapeau français et les affiches révolutionnaires chinoises. La sortie du film a eu lieu moins d'un an avant les soulèvements étudiants de mai 1968 en France, ce qui en fait une prémonition troublante des troubles politiques à venir.
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Se déroulant à l'été 1967, cinq étudiants français ont transformé un appartement bourgeois parisien en une commune maoïste. Véronique, la leader intellectuelle, revient tout juste de Chine profondément inspirée par la Révolution culturelle de Mao. Elle partage l'espace avec Guillaume, un étudiant en théâtre qui peine à concilier ses sensibilités artistiques avec le dogmatisme rigide du groupe ; Henri, un étudiant en sciences pragmatique qui remet en question l'efficacité de leurs débats théoriques ; Yvonne, une ancienne femme de chambre représentant la classe ouvrière que le groupe prétend défendre ; et Kirilov, un nihiliste mystérieux nommé d'après un personnage des Démons de Dostoïevski.
Le récit se déroule en une série d'épisodes fragmentés à la manière brechtienne. Les étudiants passent leurs journées à lire le Petit Livre rouge de Mao, à peindre des slogans révolutionnaires sur les murs et à se disputer sur l'application correcte de la théorie marxiste-léniniste à la société française. Véronique propose que leur étude intellectuelle doit évoluer vers une action directe, arguant que la véritable révolution nécessite la violence contre l'ordre bourgeois existant. Guillaume, quant à lui, tente de monter une pièce politique et lutte avec la tension entre l'expression artistique individuelle et l'engagement politique collectif.
Au cœur du conflit se trouve le débat du groupe sur le terrorisme en tant que tactique révolutionnaire légitime. Véronique prône des assassinats ciblés d'intellectuels et de politiciens qu'elle juge ennemis du peuple, tandis qu'Henri soutient que de telles actions sont prématurées sans un soutien massif de la classe ouvrière. L'appartement devient une cocotte-minute de tests de pureté idéologique, de tensions amoureuses et de rhétorique croissante sur le sacrifice et le martyre. Un étudiant africain de passage, Omar, offre une perspective externe sur la révolution du Tiers-Monde, tandis que le philosophe Francis Jeanson propose une critique sceptique de la génération plus âgée sur l'extrémisme juvénile des étudiants. La structure épisodique du film mène à la décision du groupe de passer de la théorie à la pratique, Véronique décrivant un plan spécifique pour un assassinat politique.
Restoration Trailer
Consensus critique
Une exploration provocante et formellement radicale de la politique révolutionnaire, La Chinoise capture le ferment intellectuel et les contradictions absurdes du radicalisme étudiant des années 1960 avec le mélange caractéristique de Godard d'aliénation brechtienne, d'esthétique pop-art et de questionnement philosophique, bien que son didactisme et sa structure fragmentée puissent frustrer les spectateurs en quête d'un récit conventionnel.
“Le film le plus politique de Godard, une méditation brillante, exaspérante et finalement tragi-comique sur l'impossibilité de la pureté révolutionnaire dans un monde bourgeois.”
Renata Adler
The New York Times
“Un film qui parle moins du maoïsme que du romantisme de la jeunesse, de la séduction des idées et du douloureux fossé entre la théorie et l'action.”
Roger Ebert
Chicago Sun-Times
“Godard a réalisé un film qui est à la fois une satire du chic radical et un cri sincère pour la révolution — une contradiction qui est peut-être la vérité la plus profonde du film.”
Pauline Kael
The New Yorker
“Une œuvre éblouissante et frustrante qui anticipe les soulèvements de mai 1968 avec une précision troublante, capturant à la fois l'idéalisme et la naïveté autodestructrice des mouvements étudiants de l'époque.”
Dave Kehr
Chicago Reader
“Le film le plus explicitement politique de Godard jusqu'à cette date, La Chinoise reste un document essentiel de son temps et une méditation stimulante sur la relation entre l'art et la révolution.”
Jonathan Rosenbaum
The Guardian
Director
Jean-Luc Godard
Writer
Jean-Luc Godard
Composer
Michel Legrand
Cinematographer
Raoul Coutard
Producer
Georges de Beauregard
Venice Film Festival (1967)
Lion d'Or: Nominated
Venice Film Festival (1967)
Special Jury Prize: Won
French Syndicate of Cinema Critics (1968)
Meilleur film: Won
National Society of Film Critics Awards (USA) (1969)
Meilleur film: Nominated
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